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Rénover une salle de bain dans un condo à Montréal : les vérifications avant le chantier

  • Photo du rédacteur: Samuel Provencher
    Samuel Provencher
  • il y a 2 jours
  • 7 min de lecture

Rénover une salle de bain dans un condo demande une préparation particulière. Même si les travaux se déroulent principalement dans une partie privative, ils peuvent toucher la plomberie de l’immeuble, nécessiter une fermeture d’eau ou imposer le passage des ouvriers et des matériaux dans les espaces communs.


Le règlement de copropriété, les horaires autorisés, la protection des corridors, l’utilisation de l’ascenseur et l’évacuation des débris doivent donc être pris en compte avant le début du chantier.


Une bonne préparation permet d’éviter les retards, les conflits avec le syndicat et les modifications imprévues une fois la salle de bain démolie.


Entrepreneur présentant un projet de rénovation de salle de bain à la propriétaire d’un condo près d’un corridor protégé.
Préparation d’une rénovation de salle de bain dans un condo

Consulter la déclaration de copropriété

Une salle de bain privative appartient à un immeuble collectif


Être propriétaire de son condo ne signifie pas nécessairement pouvoir réaliser tous les travaux sans informer le syndicat de copropriété.


La déclaration de copropriété et le règlement de l’immeuble peuvent encadrer :

  • les modifications de plomberie;

  • les travaux touchant les murs ou le plancher;

  • les interventions sur la ventilation;

  • les horaires de chantier;

  • la circulation des entrepreneurs;

  • la protection des parties communes;

  • l’évacuation des matériaux;

  • les assurances exigées;

  • les procédures d’autorisation.


Le propriétaire doit pouvoir utiliser sa partie privative tout en respectant les droits des autres copropriétaires et la destination de l’immeuble. Ce principe est notamment établi par l’article 1063 du Code civil du Québec.


Le règlement doit idéalement être transmis à l’entrepreneur avant la préparation définitive de la soumission. Certaines contraintes peuvent influencer l’organisation, la durée ou le coût du chantier.


Identifier les parties privatives et les parties communes

Une conduite située dans le condo peut desservir plusieurs logements


La céramique, le meuble-lavabo et les appareils sanitaires se trouvent généralement dans la partie privative. La situation peut être différente pour certaines conduites, colonnes de plomberie, gaines de ventilation ou portions de structure.


Une canalisation visible ou accessible depuis la salle de bain peut appartenir aux parties communes si elle dessert plusieurs unités. Le propriétaire ne doit donc pas présumer qu’il peut la déplacer ou la modifier librement.


Avant de changer la configuration de la pièce, il convient de déterminer :

  • où passent les colonnes d’alimentation et d’évacuation;

  • quels éléments desservent uniquement le condo;

  • si les murs comportent des conduites communes;

  • si le plancher ou la dalle contient des réseaux collectifs;

  • si le ventilateur est raccordé à une sortie individuelle ou commune.


La déclaration de copropriété permet généralement de mieux comprendre cette répartition. En cas d’incertitude, le syndicat ou le gestionnaire de l’immeuble doit être consulté.


Obtenir les autorisations nécessaires

Un accord verbal n’offre pas toujours une protection suffisante


Certains syndicats demandent une simple déclaration des travaux. D’autres exigent une demande formelle accompagnée de documents.


Le dossier peut comprendre :

  • une description du projet;

  • les plans ou croquis;

  • les coordonnées de l’entrepreneur;

  • son numéro de licence RBQ;

  • une preuve d’assurance responsabilité;

  • les dates prévues;

  • les interventions sur la plomberie;

  • les modalités de fermeture de l’eau;

  • un engagement concernant la protection des parties communes.


Lorsque l’autorisation du syndicat est nécessaire, il est préférable de l’obtenir par écrit. Une approbation claire évite les malentendus et permet à l’entrepreneur de préparer le chantier selon les règles de l’immeuble.


Il faut également vérifier le délai de traitement de la demande. Dans une grande copropriété, l’approbation peut devoir attendre une réunion du conseil d’administration.


Vérifier si un permis municipal est requis

La réponse dépend de la nature exacte des travaux


Une rénovation purement esthétique ne répond pas aux mêmes règles qu’un réaménagement modifiant les murs, la structure ou la disposition des pièces.


La Ville de Montréal indique notamment que certains travaux mineurs, comme le remplacement d’un bain, d’un comptoir ou d’un revêtement de sol, peuvent être réalisés sans permis. En revanche, les travaux touchant la structure, les murs, les fondations ou la division du logement peuvent nécessiter une autorisation.


Les règles peuvent également varier selon l’arrondissement et l’ampleur du projet. Il faut donc vérifier les exigences applicables avant de commencer. La Ville met à disposition une page consacrée aux démarches pour rénover l’intérieur d’un bâtiment à Montréal.


L’absence de permis municipal ne dispense pas de respecter les normes provinciales ni le règlement de copropriété.


Planifier les fermetures d’eau

Une intervention de plomberie peut affecter plusieurs copropriétaires


Dans certains immeubles, la salle de bain ne possède pas de valves permettant d’isoler complètement ses installations. Une fermeture de la colonne d’eau peut alors être nécessaire.


Cette opération doit être coordonnée avec le syndicat ou le gestionnaire afin de :

  • choisir une plage horaire autorisée;

  • prévenir les copropriétaires concernés;

  • permettre l’accès aux équipements communs;

  • identifier la personne autorisée à fermer et rouvrir l’alimentation;

  • limiter la durée de l’interruption;

  • vérifier l’installation avant la remise en eau.


Une fermeture imprévue peut arrêter le chantier et incommoder plusieurs logements.


Il est donc important d’identifier les valves et les conduites dès la visite technique.

La rénovation peut aussi être l’occasion d’installer ou de remplacer des valves d’arrêt accessibles pour simplifier les futures interventions, lorsque la configuration le permet.


Évaluer les limites imposées par la plomberie

Déplacer un appareil n’est pas toujours la meilleure solution


Dans un condo, les colonnes de plomberie et la dalle limitent parfois les possibilités de réaménagement.


Déplacer une toilette nécessite une évacuation adaptée. Modifier l’emplacement de la douche demande de conserver une pente suffisante vers le drain. Une conduite intégrée dans une dalle de béton peut être beaucoup moins accessible qu’une canalisation située dans un plancher en bois.


Avant de modifier le plan, il faut examiner :

  • la position des évacuations;

  • le diamètre des conduites;

  • la présence d’une dalle de béton;

  • les colonnes communes;

  • la hauteur disponible dans le plancher;

  • le passage de la ventilation;

  • les accès nécessaires pour l’entretien.


Conserver certains appareils près de leur emplacement actuel peut réduire les interventions sur les réseaux tout en permettant une transformation importante de la pièce.


Organiser l’accès au chantier

Les contraintes commencent souvent à l’entrée de l’immeuble


L’entrepreneur doit pouvoir acheminer les matériaux, les outils et les nouveaux équipements jusqu’au condo. Il doit également sortir l’ancienne baignoire, les appareils sanitaires et les débris.


Il faut donc anticiper :

  • le stationnement du véhicule;

  • l’accès à l’entrée de service;

  • les heures de livraison;

  • la réservation de l’ascenseur;

  • ses dimensions et sa capacité;

  • la protection de la cabine;

  • la largeur des corridors et des portes;

  • les règles concernant les escaliers;

  • l’emplacement temporaire des matériaux.


Une baignoire, une paroi de verre ou un meuble-lavabo peut être difficile à transporter dans un immeuble ancien doté d’un petit ascenseur. Les dimensions des accès doivent être vérifiées avant la commande.


Lorsque l’immeuble ne dispose pas d’ascenseur, le nombre d’étages influence également la manutention et l’évacuation des matériaux.


Protéger les parties communes

Le chantier doit laisser les corridors et l’ascenseur intacts


Le syndicat peut demander une protection particulière pour les planchers, les murs, les portes et l’ascenseur.


L’entrepreneur doit prévoir un chemin protégé entre l’entrée de l’immeuble et le condo. Les matériaux utilisés doivent rester stables, ne pas créer de risque de chute et être entretenus pendant les travaux.


Une inspection ou des photographies peuvent être réalisées avant le chantier afin de documenter l’état des espaces communs. Cette précaution aide à distinguer les dommages antérieurs de ceux qui pourraient survenir pendant les travaux.


Les protections doivent être retirées à la fin du chantier et les espaces communs nettoyés régulièrement, plutôt que seulement lors de la livraison finale.


Prévoir l’évacuation des débris

Les déchets de rénovation ne peuvent pas toujours utiliser les installations de l’immeuble


La démolition d’une salle de bain produit des matériaux lourds : céramique, gypse, appareils sanitaires, verre et mobilier.


Les conteneurs et locaux à déchets de la copropriété ne sont généralement pas destinés à recevoir ce type de débris. Leur évacuation doit être organisée par l’entrepreneur selon les règles de l’immeuble.


Il faut déterminer :

  • où les débris pourront être temporairement regroupés;

  • par quel accès ils sortiront;

  • à quels horaires;

  • si un conteneur peut être installé;

  • si une autorisation de stationnement est nécessaire;

  • à quelle fréquence les déchets seront retirés.


Une évacuation progressive permet de conserver un chantier plus propre et de limiter l’encombrement dans le condo.


Limiter le bruit et la poussière

Les travaux se déroulent à proximité immédiate des voisins


La démolition, la découpe de céramique et le perçage produisent du bruit et de la poussière. Dans un immeuble collectif, ces nuisances se transmettent facilement aux unités voisines.


Le règlement de copropriété peut imposer des horaires plus restrictifs que les règles municipales. Certains immeubles interdisent les travaux le soir, la fin de semaine ou pendant certaines périodes.


L’organisation du chantier doit prévoir :

  • l’isolation de la zone de travail;

  • la protection des conduits;

  • l’utilisation d’équipements d’aspiration;

  • le nettoyage régulier;

  • le maintien d’une circulation sécuritaire;

  • le respect strict des heures autorisées.


Prévenir les voisins immédiats quelques jours avant le début du chantier constitue également une marque de considération appréciable.


Vérifier les assurances et la licence de l’entrepreneur

Les documents peuvent être demandés par le syndicat


Le syndicat de copropriété peut exiger une preuve d’assurance responsabilité civile avant d’autoriser l’accès de l’entrepreneur.


Il est également important de vérifier que l’entreprise possède une licence RBQ valide correspondant aux travaux réalisés. Le numéro de licence peut être vérifié dans le registre de la Régie du bâtiment du Québec.


Le propriétaire devrait transmettre à l’entrepreneur les exigences d’assurance de la copropriété avant la signature définitive. Il pourra ainsi vérifier que les montants de couverture et les documents demandés sont disponibles.


Le propriétaire peut également devoir prévenir son propre assureur de la nature et de la durée des travaux.


Tenir compte de la seule salle de bain disponible

Une bonne planification réduit les périodes d’indisponibilité


De nombreux condos ne possèdent qu’une seule salle de bain. Le remplacement de la toilette, les interventions de plomberie et les temps de séchage peuvent rendre la pièce inutilisable pendant certaines étapes.


Il est utile de demander :

  • à quel moment la toilette sera retirée;

  • quand elle pourra être réinstallée;

  • combien de temps l’eau sera fermée;

  • quand la douche pourra être utilisée;

  • si certaines étapes peuvent être regroupées;

  • quelles solutions temporaires doivent être prévues.


L’échéancier doit rester réaliste. Les membranes, mortiers, coulis et joints nécessitent des temps de séchage qui ne doivent pas être raccourcis pour remettre la salle de bain en service plus rapidement.


Préparer la visite d’estimation

Les documents de copropriété complètent l’examen de la pièce


Avant la visite de l’entrepreneur, il est utile de réunir :

  • la déclaration de copropriété;

  • le règlement de l’immeuble;

  • la procédure d’autorisation des travaux;

  • les coordonnées du gestionnaire;

  • les horaires autorisés;

  • les exigences d’assurance;

  • les règles d’utilisation de l’ascenseur;

  • les informations disponibles sur les valves et la plomberie;

  • les plans du condo, s’ils existent;

  • quelques exemples du résultat souhaité.


Ces éléments permettent d’intégrer les contraintes de l’immeuble dès la conception et d’éviter une soumission qui devrait être révisée après l’intervention du syndicat.


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